ARTICLE SUR RHIZOM dans PLEINE TETE MAG.

Rhizom, chanson voyageuse et éclectique

Rhizom

© Rhizom

Rhizom

Creuset des musiques de la terre

Une formation, un son, un concept. Que dire, sinon que Rhizom est un groupe simple comme un système racinaire. Né sous le soleil de la fraternité. Le guitariste Fred Pinna est venu nous en parler.

En 2008, Rhizom succède à « Yanapa », groupe qui tournait en Ardèche depuis quelques années. Chassant la gangue de l’amateurisme d’un coup d’ailes, les musiciens opèrent une mue nécessaire en vue de se professionnaliser. Se réunissant autour de l’idée de chercher un son qui soit un lien entre les cultures, cinq musiciens et un ingé-son répètent ensemble : Henri « Henrimoué » Ramsamy aux percus et au chant, Pascal Carbonnel à la basse, Keith « Speedy Gonzalez » McGill à l’accordéon et au chant, Frédéric « Jésus revient » Pinna à la guitare et au chant, Sylvain Durand à la batterie, aux platines et aux percus, et Frank Meissonnier au son. Trait d’union, Rhizom réunit des origines variées. Reggae, rock, musique des balkans, bossa, zouk, et j’en passe.

 

La professionnalisation ne s’improvise pas. Disponibilité, créativité, rigueur, technique. Les membres de Rhizom se sont accordés sur leur motivation dès le départ. Créativité, c’est Gambeat, le bassiste de Manu Chao, peu après la création de Rhizom, qui leur ouvre l’esprit au potentiel de leur musique. Rigueur, Sylvain Durand, le batteur, les oblige à répéter au métronome. Les autres râlent un peu, mais, au final, de l’aveu même de Fred Pinna, « c’est une fois que les morceaux sont parfaitement calés qu’on se sent libre d’interpréter. Pas avant. » Techniquement, les musiciens savent où ils en sont. « On a fait un gros travail d’épuration des compositions. On a dépassé le stade des egos, où on veut trop en faire, au détriment de la musique. On s’est tous mis au service de la musique. On met moins de notes, moins d’enchaînements compliqués, ce qui nous permet d’être plus efficaces sur scène, de délivrer plus d’énergie, et surtout d’être présents pour notre public. » Faire moins de notes, pour être plus dans la musique. Cela dit, dissipons un malentendu : il n’y a rien de plus difficile que faire simple.

Rhizom ne fait aucune reprise. Rhizom compose. Ils chantent en créole (Henri Ramsamy est antillais), en espagnol, en anglais (Mc Gill est écossais), en français… Ils arrangent en cherchant des liens entre les mélodies et les rythmes de la terre. « Plus on avance, plus on a un son particulier. On essaie toujours de trouver d’autres choses. Mais l’idée, c’est de toujours  trouver un lien entre les cultures. » À quelle terre vous intéressez-vous en ce moment ? « On décortique la rythmique orientale pour la marier avec d’autres influences. On part d’un riff, d’un rythme. Chacun prend la mesure et propose. Les textes viennent ensuite.» Quant aux concerts, Rhizom travaille l’enchaînement des titres (« On compose des concerts comme on compose des morceaux »), varie l’énergie des compos (« Un morceau zouké, on peut le tourner plus reggae ou plus rock »)… Chaque concert est unique. Mais chaque concert délivre une énergie qui fait danser le public.

Rhizom l’a bien compris, ce groupe met à profit leurs origines variées.  Quel groupe peut se targuer d’avoir jouer sur des scènes world et dans des scènes métal ? « C’est vrai qu’on peut s’intégrer à pas mal de choses. » Sous le ciel azur, des drailles de pierre, un groupe de moutons, des fleurs, des rapaces, et au fond coule une rivière. (Ainsi commence le clip de « Chemin faisant », un hommage aux paysages naturels.) Bien implanté en Ardèche, Rhizom songe maintenant à s’exporter. Sa musique, mais pas seulement. En 2011, ses membres se sont déjà posés la question : « Qu’est-ce qui nous motive à faire de la musique ? » Leur réponse s’est cristallisée autour du concept de « Trait d’union ». Leur réponse a été de partager avec d’autres leur conception rhizomélique de la musique, de la culture et des peuples. Par des concerts, donc, mais aussi des forums, des expositions et d’autres événements, en collaboration avec les bonnes volontés qui voient dans la fraternité une valeur universelle. Un concept devenu un projet. « Le projet  »Trait d’Union » consiste à rassembler des forces vives de tous horizons, artistes, entreprises, associations, médias avec qui nous partageons la conviction d’agir pour une évolution vers un monde plus fraternel, plus solidaire et plus respectueux… » (Rhizom.) Un projet devenu album (Trait d’Union, sorti en 2012). On savait la musique transnationale. Rhizom a créé un son universel.

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